Isèreanybody? te présente la nouvelle exhortation apostolique du pape François.

Des jeunes d'Isèreanybody? l'ont lu pour vous ! Réactions...

 


 

Jérôme :"ce texte rejoint la lettre de Pentecôte de notre évêque !"

"Ce texte m'a accompagné pendant les vacances, à Noël et aux rencontres de Taizé à Strasbourg. C'est la première fois que je lis un texte d'un pape (en dehors des homélies des JMJ 2005) et j'ai apprécié son cotédirect et accessible.

Ce qui m'a frappé, c'est la justesse des propos du pape sur ce que vit la société, l'Église, les croyants, moi. Non seulement il montre une grande compréhension du monde d’aujourd’hui (et pas du siècle dernier), nos joies, difficultés, découragements, mais également il voit nos atouts et les évolutions à mener. Il se réfère tout le temps à la Bible et insiste sur l'importance pour chaque croyant de se nourrir de la parole de Dieu. Il rejoint en cela notre évêque et sa lettre de Pentecôte, de même quand il parle du rôle des communautés chrétiennes locales.

En lisant ces premiers chapitres, en plus de la joie qu'un pape écrive des trucs comme ça, j'ai été amusé de trouver des similitudes (sur la charité, la fraternité, le témoignage) avec les méditations de frère Aloïs de Taizé aux rencontres européennes à Strasbourg. À croire que le même Esprit qui les anime !


Benoît : "ce texte nous fait réfléchir sur notre comportement"

Peu habitué à lire des textes du Pape, j’ai été surpris par la force et la richesse d’Evangelii Gaudium. Je me suis particulièrement intéressé à deux chapitres qui m’ont touchés par leur sincérité et leur actualité.

 

Le premier concerne l’économie. J’ai été frappé par la vigueur que met le Pape dans ce chapitre. Dans le contexte actuel de crise mondiale, il critique vivement notre modèle économique basé sur la compétitivité et la loi du plus fort, un modèle qui exclut une partie de nos semblables et dénie notre humanité. François dénonce la « mondialisation de l’indifférence » et appelle à « un retour de l’économie et de la finance à une éthique en faveur de l’être humain ».

 

Le deuxième point qui m’a particulièrement intéressé est celui du dialogue interreligieux. On constate trop souvent des généralisations ou des raccourcis malheureux vis-à-vis des différentes religions. Le Pape François nous rappelle et nous explique que le dialogue interreligieux comme condition à la paix dans le monde est un devoir pour les chrétiens.

Ce texte nous fait réfléchir sur notre comportement, notre foi, sur notre place et notre rôle dans la société et dans l’Église d’aujourd’hui. Il est accessible à tous et donc à mettre entre toutes les mains !

Benoît C.


Alexandrine "je comprends désormais mieux le sens du commandement "tu ne tueras pas""

Voici une phrase de l'exhortation qui m'a touchée : "Non à une économie de l’exclusion. De même que le commandement de “ne pas tuer” pose une limite claire pour assurer la valeur de la vie humaine, aujourd’hui, nous devons dire “non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale”. Une telle économie tue."

Tu ne commettras pas de meurtre. A première vue, voici un commandement qu'il n'est pas trop difficile de respecter.  

Sauf qu'à la réflexion, il ne s'agit pas vraiment de savoir si je suis capable d'égorger mon voisin de sang froid mais plutôt de savoir si mes habitudes n'alimentent pas ce système économique souvent constructif mais aussi parfois destructeur? 
Comment est-ce que par mes gestes quotidiens, mes choix, ma façon de consommer (ou de gaspiller) l'attention que je porte (ou que je ne porte plus) aux situations de pauvreté, d'exclusion, je peux contribuer autrement à l'économie et être attentive au respect de la vie humaine (ex.: le SDF que je croise, les conditions de travail de ceux qui ont cousu mon jean, etc.)?

Je  comprends désormais mieux le sens de ce commandement et sa portée dans ma vie quotidienne.

Alexandrine S.

 

 


Gwendoline : "Ce que j'aime avec ce pape, c'est qu'il parle cash !"

Ce que j'aime avec ce pape, c'est qu'il parle cash ! Il ne passe pas par quatre chemins et n'a pas peur de bousculer.... et c'est ce style qu'on retrouve tout au long de ce texte. Il utilise souvent des métaphores, comme Jésus dans les Evangiles. 
Ici par exemple, au n°47, il dit à propos du sacrement de la réconciliation " aux prêtres je rappelle quele confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais le lieu de la miséricorde du Seigneur qui nous stimule à faire le bien qui est possible"

Il pousse l'Eglise en avant, avec des formulations qui impactent comme au n°49 "Je préfère une Eglise accidentée, blessée, et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu'une Eglise malade de la fermeture et du confort de s'accrocher à ses propres sécurités"

Tout au long de ce texte, le pape met "les pieds dans le plat", sans tourner autour du pot, il nous bouscule dans nos fausses sécurités, pour nous déplacer, nous pousser à aller plus loin ! Et ça c'est génial ! Il nous empêche de nous regarder le nombril et de nous contenter de ce qu'on a mais dit clairement vouloir que l'Eglise bouge, change, .... et que ça passe aussi et d'abord par notre conversion personnelle.

Bref je pourrais vous partager bon nombre de citations "choc" ... mais je vous laisse le plaisir de découvrir vous-même ce texte !

Gwendoline C.


Emmanuel : " le conflit - ce sujet s'applique à tous, dans nos "petites" vies"

"Le conflit ne peut être ignoré ou dissimulé. Il doit être assumé. Mais si nous restons prisonniers en lui, nous perdons la perspective, les horizons se limitent et la réalité même reste fragmentée." (226-230)

Cette parole du Pape ma parlé, car même si on sent bien qu'elle s'applique d'abord pour le conflit avec une"grande" dimension, c'est à dire conflit entre différentes confessions, conflit entre l'église et des sujets de société etc.
On sent aussi que cette phrase peut aussi s'appliquer à tous, dans nos "petites" vies.
Et je me dit, ne m'est il pas déjà arrivé de perdre le sens de la réalité dans un conflit et de rester uniquement bloqué sur le conflit en lui-même... Bien si à chaque fois même.
Que dois-je faire alors pour sortir de cette situation ?
Et bien, il semblerait que le Pape veuille me dire comment faire.

C'est surprenant qu'un chose si banale et si petite qui me concerne peut aussi se trouver dans cette grande et importante lettre du Pape...

Emmanuel B.

 


Pierre : "François nous montre ici un moyen d'agir pour l'unité des chrétiens..."

"Étant donné la gravité du contre témoignage de la division entre chrétiens, particulièrement en Asie et en Afrique, la recherche de chemins d’unité devient urgente. (…)  Si nous nous concentrons sur les convictions qui nous unissent et rappelons le principe de la hiérarchie des vérités, nous pourrons marcher résolument vers des expressions communes de l’annonce, du service et du témoignage"
(N°246)

Nous avons parfois l'impression que nous, chrétiens, catholiques, ne pouvons pas faire grand chose pour changer le visage de l’Église qui reçoit tant de critiques du monde. Nous nous sentons isolés, parfois au sein même de l’Église, impuissants à répondre au monde. Mais François nous montre ici un des moyens de réagir : agir pour l'unité des chrétiens, pour que le monde voie dans cette unité celle que nous annonçons. C'est pour moi une belle invitation à répondre aux propositions œcuméniques que nous recevons, comme Alpha ou Taizé, mais aussi à s'investir dans toutes les occasions que nous avons de nous rapprocher d'autres chrétiens et de réfléchir, prier, et servir ensemble.
Pierre B.

 


Isabelle : "Nous sommes une communauté, nous sommes de ce fait tous unis les uns aux autres"

Voici un passage qui m'a interpellée :  «Pour pouvoir soutenir un style de vie qui exclut les autres, ou pour pouvoir s’enthousiasmer avec cet idéal égoïste, on a développé une mondialisation de l’indifférence.» (N°54)

L’indifférence aux autres, l’exclusion, l’égoïsme, l’individualisme,... ce sont toutes ces notions que le Christ, par son sacrifice et ses enseignements, nous incite à ne pas reproduire dans notre vie. Le Christ nous invite à suivre son exemple : s’intéresser aux plus petits de nos frères, aux plus nécessiteux, aux plus fragiles. Nous sommes une communauté, nous sommes de ce fait tous unis les uns aux autres : «Tu aimeras ton prochain comme toi-même» Mt, 22,39

Isabelle L. 

 

 

Présentation de l'exhoration, par Soeur Nathalie Becquart,

directrice du service national de l'Evangélisation des jeunes et des vocations. - voir le site : Jeunes cathos blog

« Quelle joie de découvrir ce texte du Pape François écrit dans un style éminemment personnel (avec l’emploi du « je »)profondément ecclésial  (il comprend de nombreuses citations du corpus de ses prédécesseurs et des différentes Conférences Episcopales) ! Ce texte  fort et audacieux, dans la veine de ce que le Pape François nous a déjà partagé au long de ses premiers mois de pontificat, est programmatique. Il déroule un chemin, celui de la « joie d’évangéliser » pour tout chrétien prêt à sortir et se mettre en route comme un pèlerin du Christ pour aller à la rencontre de ses frères les plus pauvres et les plus éloignés.... lire la suite sur le site de Jeunes Cathos blog

 

*Exhortation apostolique: Texte semblable à une encyclique par son esprit et ses destinataires. Aujourd’hui, les exhortations apostoliques présentent habituellement les conclusions du pape à une réflexion collective, comme celle d’un synode des évêques.

 

 

Retrouvez le texte intégral 
de l'exhortation Evangelii Gaudium ici

 

 

**On pourra bien sûr s’arrêter en particulier sur le paragraphe 105 et 106 qui concerne la pastorale des jeunes et le paragraphe 107 qui concerne les vocations. Vous les trouverez ci-dessous:

105. La pastorale de la jeunesse, telle que nous étions habitués à la développer, a souffert du choc des changements sociaux. Dans les structures habituelles, les jeunes ne trouvent pas souvent de réponses à leurs inquiétudes, à leurs besoins, à leurs questions et à leurs blessures. Il nous coûte à nous, les adultes, de les écouter avec patience, de comprendre leurs inquiétudes ou leurs demandes, et d’apprendre à parler avec eux dans le langage qu’ils comprennent. Pour cette même raison, les propositions éducatives ne produisent pas les fruits espérés. La prolifération et la croissance des associations et mouvements essentiellement de jeunes peuvent s’interpréter comme une action de l’Esprit qui ouvre des voies nouvelles en syntonie avec leurs attentes et avec la recherche d’une spiritualité profonde et d’un sens d’appartenance plus concret. Il est nécessaire toutefois, de rendre plus stable la participation de ces groupements à la pastorale d’ensemble de l’Église.

106. Même s’il n’est pas toujours facile d’approcher les jeunes, des progrès ont été réalisés dans deux domaines : la conscience que toute la communauté les évangélise et les éduque, et l’urgence qu’ils soient davantage des protagonistes. Il faut reconnaître que, dans le contexte actuel de crise de l’engagement et des liens communautaires, nombreux sont les jeunes qui offrent leur aide solidaire face aux maux du monde et entreprennent différentes formes de militance et de volontariat. Certains participent à la vie de l’Église, donnent vie à des groupes de service et à diverses initiatives missionnaires dans leurs diocèses ou en d’autres lieux. Qu’il est beau que des jeunes soient “pèlerins de la foi”, heureux de porter Jésus dans chaque rue, sur chaque place, dans chaque coin de la terre !

107. En de nombreux endroits les vocations au sacerdoce et à la vie consacrée deviennent rares. Souvent, dans les communautés cela est dû à l’absence d’une ferveur apostolique contagieuse, et pour cette raison elles n’enthousiasment pas et ne suscitent pas d’attirance. Là où il y a vie, ferveur, envie de porter le Christ aux autres, surgissent des vocations authentiques. Même dans les paroisses où les prêtres sont peu engagés et joyeux, c’est la vie fraternelle et fervente de la communauté qui réveille le désir de se consacrer entièrement à Dieu et à l’évangélisation, surtout si cette communauté vivante prie avec insistance pour les vocations et a le courage de proposer à ses jeunes un chemin de consécration spéciale. D’autre part, malgré la pénurie des vocations, nous avons aujourd’hui une conscience plus claire de la nécessité d’une meilleure sélection des candidats au sacerdoce. On ne peut remplir les séminaires sur la base de n’importe quelles motivations, d’autant moins si celles-ci sont liées à une insécurité affective, à une recherche de formes de pouvoir, de gloire humaine ou de bien-être économique.