Logo Isèreanybody? - Propositions de l'Eglise catholique pour les jeunes en Isère
phidock_1

Résumé de la conférence :

L'homme est incomparable, unique, ce qui le définit n'est pas d'où il vient mais où il va. Ce n'est pas non plus ce qu'il fait, mais ce qu'il est. Le repos hebdomadaire nous est commandé par Dieu pour être à sa ressemblance : ne pas se confondre avec notre activité. 

Le bonheur est en avant de nous. Ce qui est propre à l'humain c'est l'humour et la distanciation. L'homme est un animal logique capable de nommer les choses.

Mais l'homme est limité. Et c'est bien ! La limite nous sauve ! L'Homme n'est intégral qu'en Dieu. C'est la relation à Dieu qui dit ce qu'est un être humain. On ne peut connaître Dieu sans connaître l'Homme, et on ne peut connaître l'Homme sans connaître Dieu. 
Dieu est en avant de nous, est dans notre avenir, pas dans notre passé. Si on est capable de quitter notre passé pour entrer dans ce qui est neuf, nous posons l'acte qui fondamentalement nous expose, donc nous fragilise, mais nous mets en communion avec Dieu. 

L'aventure de l'intelligence c'est d'assumer toutes les formes d'intelligence. S'ouvrir au neuf, y chercher ce qu'on a à y apprendre. Plutôt que d'aller vers ce qui nous ressemble, allons vers ce qui ne nous ressemble pas.

Retrouve ci-dessous :

  •  la retranscription complète de la conférence,
  • les fichiers audio
  • et à venir, la vidéo de la conférence! 

Cycle de conférences sur l’Homme : sens, sexualité, développement

« Qu’est ce qu’un être humain ? Anthropologie chrétienne »

Jeudi 27 novembre – P. Philippe Dockwiller –

Dans une perspective chrétienne, Il n’y a pas de personne vraiment importante, il n’y a que de l’incomparable. Et d’une certaine manière dans cette pièce, contrairement aux apparences il n’y a qu’une seule personne, c’est vous.

C’est peut-être trop rapide, d’accord
Je vais développer ça en deux temps

1.L’homme est incomparable, unique

Y a un problème : l’être humain c’est toujours ce que dans l’anthropologie chrétienne on n’a pas le droit de compter. A chaque fois qu’il y a quelqu’un qui compte dans l’écriture biblique, ça va bugguer

Dans l’anthropologie promue par l’église, il n’y a pas de numéro. Il n’y a que de l’incomparable. C’est le premier point.

Dire qu’est ce que l’homme, qu’est ce que l’être humain c’est déjà une généralisation très forte : il va falloir en sortir. Il n’y a pas de VIP : idéalement il n’y a que de l’unique, de l’incomparable. Dès qu’on commence à comparer on devient malade et on perd le but de l’aventure humaine

Il n’y a que des uniques, des personnes singulière en anthropologie chrétienne

  1. Ce qui définit l’être humain ce n’est pas d’où il vient mais où il va

Dès qu’il s’agit de parler de l’être humain c’est plutôt sa destinée qui prévaut dans la manière dont les chrétiens se saisissent de ce mystère. C’est pourquoi dans le christianisme, ce qu’un être sera est plus important que ce qu’il est sous mes yeux.

Ce qui permet de comprendre que quelqu’un est ce qu’il sera.

S’il avait fallu juger l’apôtre pierre la nuit de sa traitrise, il ne serait pas le prince des apôtres
idem pour Paul

D’une certaine manière si le seigneur nous demande de ne pas juger, c’est que ce que nous sommes lui appartient et ce que nous sommes est dans l’avenir.

  1. très difficile de faire des personnes plus importantes que les autres. Le Seigneur le plus important est devenu l’un de nous.
  2. Très difficile de penser que l’être humain est ce que nous avons sous les yeux. Y a t-il des être humains sur cette planète. Dyogène : « je cherche un homme »
    Puisque regarder l’être humain c’est regarder son avenir. On vous a vendu du bonheur, mais la béatitude est inaccessible en temps en heure. Si vous avez mangé ce soir, vous avez la béatitudes d’avoir la peau du ventre bien tendue, mais vous savez que ça va disparaître.

Pour parler de l’être humain il va falloir parler du singulier. On rencontre que de l’unique. Sinon on est idôlatre. Parler de l’avenir, de la destinée. A chaque fois que vous voulez étrangler quelqu’un dites vous « qui est cette personne pour dieu » = «  qui elle sera ? »

  1. Le moteur du bonheur est un vrai moteur si on accepte que le bonheur est mesuré en avant de nous ce qui nous évite de penser que hier c’était vraiment mieux

L’être humain a des caractéristiques générales : nous sommes légèrement corporels

Ce qui est propre à l’être humain c’est l’humour et distanciation

Mais si vous avez déjà rencontré le corps d’un cadavre, il n’est pas pareil qu’un corps animé.
Le corps ça n’existe pas. Ça n’existe pas seul. Le corps est toujours animé, et l’âme est toujours corporelle. Quand vous touchez le corps, vous touchez l’âme. Avec des mots parfois vous pouvez voir un corps changé. On est ce composé étrange à la fois animal et spirituel, et puis nous avons une caractéristique qui vient de l’anthropologie philosophique. Dans l’héritage grec, si on en croit Aristote, l’être humain est un être qui rit : qui a de l’humour. Si vous n’avez pas d’humour, il vous manque peut-être un propre à notre espèce : la distanciation.

C’est un animal logique capable de mesurer et nommer les choses. Ça fait partie de la distance.

C’est du langage. Ça produit quelque chose

L’être humain est politique
L’animal humain est politique
. Concerne pas le pouvoir, concerne la justice. Si la justice ne vous concerne pas, si vous ne trouvez pas qu’il y a un problème dans ce monde, il vous manque quelque chose de spécifique.
On peut dire ça car on a commencé sur « il n’y a que des singuliers »

Dans tout cela il y a quelque chose de fascinant : nous sommes doués d’intelligence et de volonté.
Un acte est humain quand il est intelligent est volontaire.

En anthropologie chrétienne, si on veut comprendre ce qu’est intelligence et volonté, vous comprenez quelque chose qui concerne tous les êtres humains. Aristote dit que l’être humain est politique, c’est un animal de langage, capable de logique, d’humour, capable de rire de lui-même. On est alors dans une anthropologie très universelle

L’ anthropologie chrétienne va articuler anthropologie universelle et foi : l’être le plus unique est devenu  un parmi nous, dans toutes les limites que cela représente

Une des grandes caractéristiques de l’être humain : il est limité
Au début de l’eucharistie ne pas demander « pardon pour nos limites » car nous sommes des êtres limités. Quand Dieu vient dans la chair, il vient dans la chair d’un homme et c’est déjà une considérable limite.

L’anthropologie chrétienne se confronte aujourd’hui au transhumanisme : la Lucy de Luc besson, qui utilise 100% des capacités de son cerveau (pour utiliser 100% il faudrait connaître les limites) Elle est tellement en train d’utiliser son cerveau qu’elle devient une onde électrique. « votre destinée ultime est d’être un ordinateur ! »

Nous avec nos petites idées : destinée, volonté, intelligence, soit nous sommes complètement à l’âge des cavernes,  soit nous sommes à la sauvegarde de l’intégrité de l’humain en nous souvenant que l’homme est intégral en Dieu, et nous sommes en train d’advenir à l’humanité, telle que Dieu la souhaite.

C’est la relation à Dieu qui dit ce qu’est un être humain

Nous pensons en anthropologie chrétienne que c’est la relation à Dieu qui dit ce qu’est un être humain. Relation Médiatisé par l’humain qu’est le christ verbe éternel de dieu en qui tout est fondé et sans qui rien n’est. Jésus n’a jamais peur de rien : des démons, des pécheurs : il connaît leurs racines.

Il est le verbe. Et en même temps il a faim, soif, sommeil. Et même : il meurt.

Quand on parle de l’être humain il faut tenir en anthropologie chrétienne l’ensemble de ces paramètres, qui en fait sont intenables, donc pas facile.

On a parlé des origines de l’anthropologie chrétienne – mais il faut avoir toujours le christ en point de mire

Nous allons lire le 1er et 2ème chapitre de la Genèse.

La Genèse, un texte qui n’est pas descriptif mais qui nous parle de qui est l’homme

Quand on lit la bible, on ne lit pas une information (comme sur une boîte de corn flakes quand on n’est pas réveillés le matin), on lit du texte. Pour les anciens le texte est toujours posé à côté du réel. Le texte est l’indiciel. Les auteurs finaux auraient pu harmoniser, y a des contradictions. Ou bien ils sont complètement idiots (c’est dangereux pour vous de penser que c’est l’autre qui est idiot.). Les auteurs de l’antiquité, quand ils nous laissent deux textes, ils veulent nous montrer que parler de l’être humain ce n’est pas possible. «  Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt »

Il est indiciel et pas descriptif. Si on lit les premières phrases « au commencement Dieu créa le ciel et la terre ».  Pour être descriptif, il faudrait que ça soit quelqu’un qui était là à ce moment là. Origène 3ème siècle : les 3 premiers jours ne peuvent pas durer 24h puisque c’est le soleil et la lune qui mesure.

6ème jour : apparaît l’homme. Dieu dit « faisons l’homme à notre image comme notre ressemblance et qu’il domine sur les poissons….. ». « Dieu crééa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, male et femelle il les créa » « Dieu les bénit et leur dit : soyez féconds… »

Le repos du Shabbat pour dire à l’être humain : ne confond pas ton activité et ton être
On est au 6ème jour. Le 7ème jour il chôma.
Petit détail : Dieu chôme. Ce premier texte reprend les 11 paroles du décalogue : je suis le seigneur ton dieu, tu n’auras pas d’autre dieu. Dans la genèse il y a 11 paroles. Dans le décalogue, commandement suprême : le shabbat. Shabbat pour dire à l’être humain : ne confond pas ton activité et ton être. C’est déterminant pour interpréter le texte. On ne confond pas Dieu et son œuvre. Dans les mythologie : le soleil est Dieu, ….
le commandement du shabbat est important. Indication qu’il chôme : quand Dieu s’arrête de faire, ça continue, et lui-même n’est pas altéré. Quand vous arrêtez de travailler, vous continuez à exister ! Votre activité n’est pas ce que vous êtes ! L’être humain n’est pas son opération. Quand on demande en France « qu’est ce que vous faites dans la vie », on interroge sur le métier. En Bible la bonne réponse est « rien ». Pourquoi ? Parce que je suis, même quand je ne fais rien.

Le premier récit de la Genèse – Je ne peux connaître Dieu à moins de connaître l’homme, je ne peux connaître l’homme à moins de connaître Dieu.
Ce premier récit est écrit avec les 11 paroles des 10 commandements, et dans ces commandements il y a le shabbat. Si véritablement l’être humain est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, alors « pourquoi tu existes » n’a qu’une seule réponse : « pour Dieu, à l’image de Dieu ». Et si ce personnage central n’existe pas pour toi, alors il faut dire « j’existe pour rien » c'est-à-dire « en pure gratuité ». L’image et la ressemblance de dieu, dans la bible c’est «ne demande pas pourquoi quelqu’un est là » car les 11 paroles qui ont fondé le monde ont toutes été accompagnées de ce que nous ne voyons pas de près : Dieu juge « cela est bon ». Quand nous arrivons, Dieu dit « c’est très bon ». Nous avons l’habitude du jugement dernier, mais le jugement dernier ne peut se comprendre que sur le jugement premier : toute l’œuvre de Dieu est bonne, mais Dieu ne se confond pas avec son œuvre, et il a placé une œuvre très curieuse, qui ne peut  être nombreux : « faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance » « mâle et femelle ». Pourquoi mâle et femelle : parce que toute création de Dieu est sous le chiffre 2. Pour créer Dieu distingue. Si l’être humain est réellement à l’image et ressemblance de Dieu, il est pourtant créé, donc distinct. Dieu inscrit la polarité male/femelle dans la constitution même de l’être humain. « Soyez fécond, fructifiez »

Premier récit, jusqu’à là tout va bien

 Je ne peux pas dire qui est l’homme, à moins de connaître Dieu. Je ne peux connaître Dieu à moins de connaître l’être humain. Nous on a de la chance, il suffit de voir l’humanité du christ pour connaître dieu (enfin, moyennant la foi).

Pas d’image de Dieu, sauf l’être humain. Pas facile.
Si deux témoignages sont identiques à la virgule près, c’est que les témoins se sont mis d’accord, et que donc ils sont irrecevables. Donc ici quelle chance il n’y a pas de répétition.
Toujours attendre plusieurs témoignages. C’est pour ça qu’il y a 4 fois le don de la torah dans la bible, 4 évangiles, ….

Seconde récit de la Genèse - Dieu va poser un interdit. L’interdit est constitutif de la limite, et la limite nous sauve.

L’homme souffla une haleine de vie.
un Dieu potier.
Le seigneur planta un jardin en Eden : il est potier et paysagiste ! Le mot jardin en vieux persan : « paradis… ». il y mit l’homme.  Voyez à quel point c’est éducatif, il y a une sorte de progression : dieu est en attente.

L’arbre de vie. Dans une mythologie païenne, l’arbre serait contemporain des dieux. Ici l’arbre apparaît après l’être humain.
L’or arrive avant la femme, est ce pour lui faire des bijoux ? J

L’être humain est au centre du monde.
Il l’établit dans le jardin pour le cultiver et le garder . Commandement par rapport à l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Pourquoi y a –t-il sauf un ? L’être humain est un être limité, il faut qu’il s’arrête pour qu’il comprenne qu’il n’est pas son activité.  Ici il ne peut pas avoir tout pour comprendre qu’il vient d’un autre. Dans une autre culture on appelle ça « l’interdit de l’inceste ». Tout est à toi sauf ton origine. Le péché originel « ma mesure c’est moi ». Tout être qui est mesuré par lui-même vient de manger son origine et va être détruit. Tout être qui est mesuré par un autre est sauvegardé par cet autre. D’autre l’importance de la relation. C’est fondamental.

Suis-je le gardien de mon frère : oui !

Dieu va poser un interdit. L’interdit est constitutif de la limite, et la limite nous sauve.
Le récit est  là pour nous dire pourquoi les choses on t mal tourné

Dieu : « il n’est pas bon que l’homme soit seul ». Première fois que la beauté est niées dans la Bible,  quelque chose ne va pas. « Dieu vit que cela était bon ».
Premier récit de création : male et femme. Ici il est constitué humain « ish » le glaibeux, le terreux, il n’a pas de nom propre. Le premier nom propre dans la bible c’est Eve. C’est là que c’est drôle : il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie. Puis il lui envoie les animaux pour voir comment ils les appelleraient. L’homme est créé à l’image de Dieu car il peut nommer les choses. Pour l’homme il ne trouva pas l’aide qui lui soit assortie.

L’homme et la femme sont identiques au niveau de la ressemblance avec Dieu, et distinct au niveau du mode qu’ils représentent dans l’humanité.
Seigneur Dieu anesthésiste : il fait tomber une torpeur sur l’être humain. Quand une torpeur tombe, c’est qu’il va se passer quelque chose de décisif. Il prit une côte et battit une femme qu’il amena à l’homme. Tous les tenants qui disent que la femme est un produit de l’homme. Ils n’ont pas lu le texte !  L’homme est un « pot » et les animaux aussi.  Adam est un pot, (un empoté), un fragment est pris. Eve est bâtie, c’est la première fois que ce mot est utilisé. Eve est une maison. Le pot est dans la maison. Tous les pots sont sortis de la maison, sauf le premier qui est sorti du tour de potier, mais ensuite nous sommes tous des pots sortis de la maison. Le récit biblique vient assumer le fait qu’homme et femme sont la même chair mais pas sous le même mode. Important. Ils sont vraiment identiques au niveau de la ressemblance avec dieu, et distinct au niveau du mode qu’ils représentent dans l’humanité.

Premier partenaire de l’être humain : Dieu.  Premier cavalier d’une femme : Dieu. C’est pourquoi le serpent va parler à la femme. Vu qu’il veut imiter Dieu, il va regarder qui est le cavalier. L’être qui conduit une femme vers Adam c’est Adam. Dans la liturgie de mariage on rejoue cette scène. Le premier partenaire d’une femme c’est Dieu.

Dieu fait les présentations et Adam s’écrit « c’est l’os de mes os », « isha ». Ce qui est prononcé c’est que la véritable ressemblance de l’être humain c’est la relation d’alliance entre la distinction et la communion. C’est pourquoi (et on a la première fois qu’on a papa et maman : pour dire barre toi !). Procédé anti-tanguy de l’écriture sainte. C’est pas grave quand les petits s’en vont, c’est normal

Tous les deux étaient nus, et n’avaient pas honte.

Chapitre 3, le serpent, le plus nu, il ne marche pas, il rampe. Il parle.

Il y a deux récit : mal et femelle il les créa

L’autre va prendre le temps, l’humanité est répartie entre homme et femme

Cette distinction est vraiment charnelle (même chair) mais il faudra apprendre à se rencontrer sinon on va retourner au chaos. Une seule chair communion mais pas confusion. Une seule chair c’est pas eux, c’est leur descendance. Lors de la séparation d’un homme et d’une femme, qui est ce qui est déchiré ? la descendance ? qui fait l’expérience d’une seule chair morcelée ? La descendance

Et évidemment dans les générations, quelque chose de fantastique pour l’être humain : lieu où il fait l’expérience de ce qu’a fait dieu en créant le monde. L’être humain fait l’expérience de ce qu’on appellera « procréation ». Il ressemble à Dieu dans le sens où il est capable de conduire un autre dans son image.

Chapitre 5, généalogie.  L’engendrement que l’être humain est capable de prodiguer c’est ce qui consacre également sa ressemblance et son image divine.

(partages de groupes – reprise des textes par groupe de 6, ½ heure)

Questions réponses

« ce qui définit l’homme ce n’est pas d’où il vient mais où il va ». est-ce que le fait de comprendre le texte de la création ça définit l’être humain ?

Vous pensez que la création c’est avant ? j’ai dit « je vous propose de réfléchir l’être humain en parlant de sa destinée et je vous parle du commencement, c’est ça ».

Dans un texte biblique, dans la question posée par Dieu « qui t’as appris que tu étais nu » est posé le même enjeu. Dieu créé le monde maintenant. Dieu a tiré le monde du néant. L’acte de création n’est pas ce qui était avant mais vient de l’avenir, le nôtre. Quand le texte biblique dit au commencement, il prend ce qu’il n’est pas, mais au moment où il le prend, il le ramène à lui. Il ne faut pas penser la création comme quelque chose de passé, mais comprendre que le présent que nous vivons ce soir est inscrit dans ce mouvement qui fait que ce qui est tiré du néant est tiré vers Dieu lui-même .

Dieu dit « je jette loin derrière toi tous tes péchés » c'est-à-dire « ce qui m’intéresse ce n’est pas ce que tu as fait, je vais le jeter derrière moi. Ce qui est derrière nous est mort ». C’est pour ça que lorsqu’en Egypte ils regrettent les oignons et la soupe d’Egypte. Pourquoi vont-ils mourir ? ils sont déjà mort. Plutôt que de comprendre ce que signifie sortir d’Egypte, ils veulent y retourner. Donc prendre un état de transformation du néant à l’être et parler de notre destinée c’est légitime si on comprend que Dieu ne pousse pas l’être hors du néant, il le tire vers lui. « que la lumière soit ». Une métaphore qui peut aide : je vous parle d’un éléphant. Si je vous dit Eléphant, il entre dans la pièce, pas au niveau physique, mais je viens de le convoquer. Dieu a appelé la lumière : il l’a fait venir. Le mouvement sera toujours d’aller là où Dieu nous appelle. Dieu est dans notre avenir. Ne pas confondre origine et commencement. Toute notre vie, on aura notre origine en avant de nous car notre origine c’est Dieu.

Mais c’est écrit au commencement !

Dans le texte c’est écrit berechit = « dans la tête », c'est-à-dire qui va contenir tout ce qui va suivre. Si tu vas dans cette direction c’est que tu as été appelé. Ça veut dire que celui qui t’appelle est dans ton avenir. Seigneur qui est, qui était et qui vient. Qui vient vers nous. C’est ça qui fait que nous allons vers lui. Quand vous parlez de vocation : vous avez été appelés avant la fondation du monde depuis l’origine. Dieu est toujours devant, jamais derrière. C’est la raison pour laquelle le tombeau est vide . à tous les moments cette direction est donnée.

Dans la première partie du texte : « faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance ». c’est quoi être à l’image à la ressemblance ? l’homme tend à la communion, à être jardinier. On voit aussi la procréation. En quoi il est image et ressemblance ?

Au commencement et dans ce contexte, avant que l’humain ne se prenne mesure de lui-même. L’être humain gardien du jardin c’est comme ça qu’il ressemble à Dieu. Celui qui fructifie (et pas pullule), l’être humain est l’être qui va aboutir à son accomplissement avec ce que Dieu lui donne : il commence avec peu et finie dans la gloire. La vraie ressemblance c’est ce qui va visiblement être en jeu c’est sa liberté et sa souveraineté. Et le paradoxe c’est que le serpent va lui proposer de posséder lui-même sa souveraineté au lieu de participer à la souveraineté de Dieu. En possédant sa propre souveraineté l’être humain va perdre la puissance partagée. Ressembler à Dieu, le lieu de la ressemblance c’est le lieu de la relation à Dieu. On est dans le récit du commencement écrit après tous les déboires. On est dans les fondamentaux. Comment chacun va ressembler à Dieu ça va être le fruit d’une histoire. Il ne suffit pas de procréer, jardiner. Ça va conduire aussi à des génocides. Le problème n’est pas l’opération mais le partenaire de la relation. Pour ressembler à Dieu, il faut inclure Dieu dans le récit biblique. Ressembler à Dieu ça va être capable d’appeler l’autre, prononcer son nom. Nous donnons un nom à un nouveau né. C’est un acte grave. Nous sommes capables de convoquer les réalités pour les détruire ou les construire. Quand nous convoquons une réalité c’est forcément pour la construire pas pour la détruire.

Le seul moyen de ressembler à Dieu c’est de participer à son œuvre puisqu’on ne peut participer à son être.

C’est pourquoi Dieu va nous donner une loi et nous dire de participer à ce qu’il fait. Y compris la loi du repos.

La ressemblance ultime c’est la participation à la mort et à la résurrection du christ. Nous sommes dans la condition où l’homme est séparé de Dieu. Heureusement on a le christ enseignant, frère, qui nous a partagé son esprit.

Nous avons tous une connaissance customisée de Dieu, qui correspond à notre histoire. En revanche si vous êtes capables de quitter votre passé pour entrer dans ce qui est neuf, vous posez l’acte qui fondamentalement vous expose, donc vous fragilise, mais vous mets dans la communion avec Dieu. Notre occident est profondément sécularisé car nous faisons croire aux gens qu’ils sont beaux, forts, et qu’ils vont tout faire tout seuls. « Sois la mesure de toi –même » : contrat satanique par excellence ! Vaut mieux « sors de la mesure de toi, et commence par rencontrer ton prochain qui va te mesurer ».

Il paraît que je suis intelligent, il paraît. Ça fait deux ans que j’essaie de comprendre des gens hyperactifs qui ont un trouble déficit attentionnel : pour moi c’est abyssal car pour moi l’intelligence est quasi intuitive et immédiate et pour des êtres c’est extrêmement laborieux. L’aventure de l’intelligence c’est d’assumer toutes les formes d’intelligence et pas de croire que celle qu’on possède le mieux est la norme. L’intelligence est le lieu même du péché. Notre salut à nous  est d’être enseigné par d’autres intelligences. L’esprit de Dieu nous donne de comprendre ce que nous ne comprenons pas tout de suite. Plutôt que d’aller vers ce qui vous ressemble, il faut aller vers ce qui ne vous ressemble pas. Pour ressembler à celui qui est notre modèle il va falloir faire une exode.

Chaque fois qu’il y a quelque chose de neuf qui vous arrive, une forme d’intelligence, une équation,  une personne…. Dites vous « qu’est ce qui m’est proposé là ».

Chaque fois que vous avez affaire à des systèmes qui ont tout décidé : dans la charia l’homme et la femme sont à leur place, ça va pas bouger. Dans l’Ecriture sainte, ça bouge tout le temps. La première annonciatrice de la résurrection, marie Magdeleine. Elle a tous les défauts : 7 démons, prostitués et en plus quand elle parle, personne ne la croit : histoires de bonnes femmes. Pourquoi elle nous est présentée comme modèle ? si tu passes pas par là tu vas pas comprendre !

Daniel est un enfant quand on condamne Suzanne et il dit devant l’assemblée des anciens d’Israël : « le sang de cette femme ne retombera pas sur ma tête » ; il est invité à donner le jugement et repère les faux témoins. Il est tout jeune

Psaume 8, la splendeur de Dieu est chantée par la bouche des enfants des tous petits

En christianisme c’est clair, si vous pouvez parler au mendiant dans la rue, on peut avoir de vraies discussions étonnantes avec des gens qui ont l’air hors courses et tout à coup quelque chose nous est dit qui nous permet de requalifier notre existence. Dieu est extrêmement souple il a inventé des mondes qu’on ne peut pas imaginer. Dieu c’est la surpuissance. Quel est notre état, notre condition, Dieu peut inventer un avenir inouï.

L’arbre de vie ?

L’arbre de vie se confond souvent avec l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Souvent ils se confondent car les deux sont au milieu du jardin.
Il faut éviter de confondre connaissance (lié au pouvoir) et la vie (lié à la puissance). On peut abattre un arbre.  On compare souvent l’homme à un arbre dans la bible « fructifie en son temps ». L’arbre exprime la puissance, pas le pouvoir. La puissance c’est d’être ce qu’on est. Quand on est devant un cèdre on ne peut pas lui demander de nous donner une connexion internet, ça serait du pouvoir, on peut juste lui demander d’être un cèdre et c’est déjà beaucoup.

Il y a des êtres dans l’humanité, une puissance sort d’eux, mais ce n’est pas du pouvoir. L’immense problème de cet arbre de la connaissance dont le fruit peut être saisit, c’est qu’il va être saisi. Et au lieu de saisir le fruit de l’arbre de la vie, il prend le fruit de l’arbre de la connaissance, du pouvoir, c’est pour cela qu’ils vont être chassé. Si leur folie devient une folie sans remède, ça va être catastrophique. Cet arbre va devenir la figure de la croix, l’arbre de vie.
Dans l’apocalypse, 12 arbres de vie qui donnent du fruit chaque mois de l’année pour les habitants de la cité. On a commencé dans un jardin avec au milieu un arbre de vie et l’arbre du pouvoir, de la connaissance du bien et du mal et l’homme a été mal orienté et s’est saisi de l’arbre du pouvoir. A la fin, pas de temps, trône de l’agneau immolé, et chaque arbre qui donne le fruit de vie. La vie c’est l’agneau. Et les 12 arbres c’est gratos, c’est le centuple. 

Le drame c’est qu’ils ont choisi le mauvais arbre

Si ça avait été dans l’autre sens, la croix n’aurait pas été dressée peut être ! mais là je place le texte dans une histoire.

Le texte est d’abord un espace qui essaie de nous expliquer pourquoi l’être humain commence à désirer le pouvoir alors qu’il devrait commencer à désirer être ce qu’il est

Retranscription prise par Gwendoline – n’engage pas l’auteur.
Retrouvez la version audio et vidéo en ligne.