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« J’ai rêvé que tous les catholiques, donnaient au denier. »

 

Un article de Grâce, impliquée à Isèreanybody? et qui anime le blog Kérygma Christus.

 

Cela fait plusieurs semaines que je pense sérieusement à faire un article sur le denier de l’église. Mais j’avoue que je ne savais pas trop comment aborder la question. Disons-le, les finances sont un point sensible pour plusieurs d’entre nous. Elles lient et délient les amitiés, elles lient et délient les familles, les couples, et j’en passe. Quoi qu’il en soit, je pense qu’on ne peut pas simplement survoler la question, surtout en ce qui me concerne personnellement. Cet article n’est pas un procès à charge, mais plutôt une exhortation afin qu’en tant que chrétiens, nous changions notre mentalité dans nos rapports avec l’argent.

Impression

Le contexte

En août dernier, j’ai eu la grâce de bénéficier d’un coaching sur les finances à travers un Webinaire ou conférence en ligne. Evidemment, j’ai sauté sur l’occasion parce que c’était une promotion. Mais, ce n’était pas assez, je n’avais pas de clarté sur ce qu’il fallait faire concrètement et où je voulais aller. Une chose était certaine, j’avais besoin d’une stabilité, pour vivre sereinement, même en n’ayant pas grand-chose. Mon statut social hybride n’aide pas beaucoup d’ailleurs car il ne me permet pas d’avoir des ressources financières réglées comme une horloge chaque mois. Donc c’est vraiment assez aléatoire quelques fois, ce qui ne facilite pas la gestion personnelle.

 

J’avais donc plus que jamais besoin de me discipliner et j’en avais conscience. J’ai donc sollicité cette coach chrétienne en gestion des finances. Je précise qu’elle est chrétienne parce que, pour moi c’était important. Je n’avais pas besoin de quelqu’un qui allait me prêcher la vision du monde par rapport aux finances. Les gens sont prêts à tout pour de l’argent, et je dis souvent que l’argent est un maître que l’on décide de suivre à ses risques et périls. Je ne dis pas que nous ne devons vivre que d’amour et d’eau fraîche, mais simplement remettre l’argent à sa place.

 

Cette demande a été formulée après avoir participé au Webinaire gratuit qu’elle donnait en ligne comme je l’ai dit précédemment. J’avais demandé au Seigneur des choses, et cette formation était la réponse à ma demande… Son service répondait à une préoccupation à laquelle j’essayais de répondre par moi-même depuis un moment déjà. Je suis une personne qui aime bien potasser dans la littérature (bibliothèque, internet…), pour apprendre, découvrir et mettre en pratique. Cependant, sur ce point, j’étais clairement en difficulté. Le Seigneur a répondu à ma demande en la mettant sur ma route. Je dois dire que j’ai été bénie. Est-ce que je vis sereinement aujourd’hui ?

 

Je peux sans hésiter dire que je vois chaque jour les améliorations que ce coaching a suscité dans ma vie par rapport à la gestion des finances. Pourquoi est-ce que je raconte tout ce cheminement ?

 

Tout simplement pour aboutir au denier de l’église…

Les campagnes de récoltes ont été lancées dans les différents diocèses de France, y compris dans le Diocèse Grenoble-Vienne. Je me sens d’autant plus interpellée aujourd’hui par cet appel, car, après avoir bénéficié de ce coaching sur la gestion des finances, j’ai désormais une approche différente et surtout qui tient compte de mon engagement en tant que chrétienne par rapport à l’argent. Je crois que tout ce que je suis, tout ce que je possède, c’est par pure grâce. Suis-je plus méritante que celui qui dort actuellement dans la rue ? Je ne crois pas !

 

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Evidemment, chez nous, les catholiques ça se passe autrement. Car, j’ai oublié de préciser que cette coach chrétienne est protestante. Ce qui en soi n’a pas constitué un frein pour moi  et l’échange était enrichissant.  J’ai surtout compris que j’avais une mauvaise vision de ce qu’ils appellent eux, la dîme. Elle n’est pas une obligation, mais un devoir, tout comme pour les catholiques avec le denier de l’église. La seule différence c’est qu’il leur ai demandé de verser 10% de leurs revenus à leurs églises locales, alors que pour nous, il y a une grande liberté. 10% c’est énorme effectivement. La question reste à savoir comment usons-nous de cette liberté pour participer à l’œuvre de Dieu en soutenant l’Église ?

 

Ce que j’ai appris de cet enseignement sur la gestion des finances pour le chrétien

Personnellement, je n’ai jamais payé le denier. Il m’arrive de donner aux pauvres dans la rue et de verser quelques sous à la quête. Je n’avais aucune pression par rapport au denier parce que dans ma vision des choses, seules les personnes avec un travail stable, ou autre statut social confortable étaient plus à même de donner parce qu’elles en avaient assez, alors que moi, comme beaucoup d’autres n’avions pas grand-chose. Je ne pouvais donner que mon temps et mon énergie en m’engageant autrement.  L’Église, dans ma conception des choses n’avait donc rien à attendre de moi financièrement. Et puis, j’ai souvent entendu dire dans mon entourage que l’Église catholique était riche alors pourquoi fallait-il qu’on demande encore aux fidèles de payer le denier de l’église… J’ai entendu tellement de choses qui ont façonné ma mentalité. Toutefois, je ne vais pas en discuter ici parce qu’il s’agit d’un tout autre débat concernant les avoirs de l’Église catholique.

 

Maintenant que je me suis libérée de cette mauvaise vision des choses, après un travail sur moi et aussi ce coaching qui a confirmé ce que je pensais déjà, je me suis sentie poussée des ailes. J’ai donc fait la promesse au Seigneur de participer au denier cette année, en émettant un chèque pour mon Diocèse avant le 31 décembre 2016. L’important n’est pas la somme en elle-même, mais c’est véritablement de donner avec joie et de croire qu’on sème pour l’avancement du Royaume. Maintenant j’aimerais partager avec toi ce passage de la Bible avant de continuer mon propos :

 

Songez-y : qui sème chichement moissonnera aussi chichement ; qui sème largement moissonnera aussi largement.

« Que chacun donne selon ce qu’il a été décidé dans son cœur, non d’une manière chagrine ou contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie.

Dieu d’ailleurs est assez puissant pour vous combler de toutes sortes de libéralités afin que, possédant toujours en toute chose tout ce qu’il vous faut, il vous reste du superflu pour toute bonne œuvre,

Selon qu’il est écrit : Il a fait des largesses, il a donné aux pauvres ; sa justice demeure à jamais. » (2 Corinthiens 9 :6-9)

 

Quelques mots sur le denier

On en entend souvent parler sans trop savoir de quoi il s’agit en clair. J’ai donc potassé pour toi. Le denier a été créé  par l’Église catholique en France après la séparation de l’Église et l’État en 1905. Il se trouve en effet qu’avant son institution, ce qu’elle prend aujourd’hui en charge était pris en charge par l’État. Celui-ci ne voulant plus subventionner les cultes, c’est donc à nous, chrétiens, nous, Église, que revient dorénavant cette charge. Le denier est un don, certes, mais pas un don comme les autres. Il ne fait pas uniquement appel à la générosité, mais à la responsabilité, à l’engagement, au sentiment d’appartenance ou de fidélité envers l’Église, envers soi-même. C’est donc un devoir pour le chrétien catholique. C’est pour cette raison qu’il n y a aucun tarif obligatoire à l’exemple des 10% des revenus comme je l’ai évoqué précédemment. C’est un don volontaire.

 

Tu peux choisir de donner 2% de tes revenus mensuels du mois de décembre par exemple. Tu peux encore choisir de donner 1% chaque mois pour ne pas être submergé à la fin de l’année. Tu peux encore décider de ne pas manger au restaurant le vendredi, et jeûner pour consacrer ce budget au denier, etc. Il y a tellement de possibilités que l’on soit salarié ou étudiant.

 

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Le denier sert à quoi ?

Le dernier permet d’assurer un traitement décent et une couverture sociale aux prêtres qui administrent les sacrements et qui animent nos paroisses, de rémunérer les laïcs en mission ecclésiale (aumôniers, animateurs en pastorale…) et administrative (secrétariat, comptabilité…), ou encore d’offrir un complément de retraite aux prêtres. Toutefois, il n’est pas suffisant, car il ne couvre qu’une partie importante des charges. Ainsi, il va y avoir d’autres ressources pour le compléter. Il s’agit des quêtes, des offrandes de cérémonies, offrandes de messes, les legs et donations. Cet ensemble permet de financer les besoins pastoraux de l’Église pour l’annonce de l’Évangile. La quête par exemple va servir à couvrir les frais de fonctionnement de la paroisse (entretien, chauffage, téléphone, activités pastorales,…). Le denier et les autres sources de revenus sont donc complémentaires pour la mission de l’Église et non les moins importantes car elles se complètent toutes.

 

« Que le disciple fasse part de toute sorte de biens à celui qui lui enseigne la parole. » (Galates 6 :6)

 

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Bonne nouvelle !

Oui, il y en a une. Donner c’est une excellente chose. Mais comme nous vivons dans un monde sécularisé et que nous ne perdons pas de vue que chacun de nous vie des situations particulières. Cette bonne nouvelle, c’est la déduction fiscale. A mon sens, elle est un excellent argument pour encourager les dons et joindre l’utile à l’agréable. Qu’est-ce à dire ? Tout simplement, cela signifie que pour les personnes imposables, le don au denier permet de réduire l’impôt sur le revenu à hauteur de 66% du montant du don (dans la limite de 20% du revenu imposable). As-tu compris ? Je te rassure que moi aussi j’avais du mal à comprendre. En clair, ça fait : pour un don de 100.00 euros, en fait tu ne payes de 34.00 euros parce que tu seras exonéré de 100.00 euros – 34.00 euros, c’est-à-dire 66.00 euros. Cependant, pour bénéficier de cette déduction fiscale, les dons doivent parvenir à ton diocèse avant le 31 décembre de l’année en cours.

 

De nos jours, les moyens de payement sont facilités. Tu peux, soit envoyer un chèque ou le déposer directement auprès des instances concernées, ou encore effectuer un payement direct en ligne. Il y a aussi l’option du prélèvement automatique pour soutenir l’Eglise tout au long de l’année. Je t’invite à te renseigner auprès de ton diocèse pour savoir comment donner !

 

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Pour finir, un résumé de ce que j’ai appris…

J’ai envie de partager cela avec toi en espérant que ça t’aide à véritablement repenser ton engagement financier dans la mission de l’Eglise. L’Eglise ce n’est pas juste une institution. C’est d’abord toi et moi. C’est ensemble que nous faisons Eglise.

 

Pour commencer ce travail sur les finances, il faut d’abord t’interroger. Comment est-ce que tu te positionnes dans la société en tant que chrétien ? Comment est-ce que tu accomplis ton devoir d’état ? As-tu des difficultés financières ? Quelles sont tes difficultés financières et pourquoi ? Ensuite, il faut faire un inventaire de tout ce que tu possèdes pour mieux l’organiser après avoir fait un état des lieux en rapport avec les questions précédentes.  Cela doit te conduire à considérer sept principaux domaines pour mener une vie équilibrée : 1° la croissance personnelle, 2° la famille & le mariage, 3° les finances, 4° le physique, 5° le professionnel, 6° le social, 6° le spirituel. Ces domaines peuvent évidemment être modifiés, complétés, enrichis en tenant compte des contraintes et charges liées à ton état de vie et de tes ressources.

 

Lorsque tu auras clairement identifié et considéré ces domaines dans ta vie, il te faut définir une vision pour chacune d’elle. C’est-à-dire, quelle part de tes finances dois-tu accorder à chacun de ces domaines ? Qu’est-ce que tu projettes ? Où veux-tu aller ? Qu’est-ce que tu veux faire de ton argent ?… Il faut ensuite se questionner sur l’importance de chacune de tes actions, si les domaines ou actions dans lesquelles tu investis tes finances sont importants. Ce n’est pas un travail facile à faire, j’en conviens. Mais si tu ne commences pas, tu ne verras jamais d’évolution en ce qui concerne la gestion de tes finances. Il vaut mieux faire des erreurs et affiner sa méthode chaque mois.

 

Suite à cela, il faut établir des tableaux de gestion. Plusieurs logiciels sont disponibles en ligne, mais il importe de construire quelque chose qui te correspond. Personnellement, j’ai bénéficié d’une aide pour établir un tableau Excel  que j’ai abandonné pour le reconstruire selon ma vision des choses tout en respectant l’esprit de départ. Comment faire la répartition ou organiser ses finances ? En établissant un budget de fonctionnement à 100% qui va ensuite être réparti en plusieurs comptes. Il s’agit à titre d’exemple des comptes dons 15%, richesses 10%, dépenses courantes 50%, épargne à long terme 10%, développement personnel 5%, divertissement 10%. Encore une fois, ce n’est qu’une base qui m’a aidée, et qui peut être adaptée en fonction de la situation de chacun. Si l’on considère par exemple que l’on est en couple, que l’on a des enfants,… On peut donc rajouter plusieurs autres éléments et faire une répartition en pourcentage. Cela voudrait dire qu’on sait exactement ce qu’on a dans chaque compte et ce qu’on doit dépenser. Cela permet de ne pas dépenser l’argent qu’on n’a pas et de faire basculer les ressources entre les comptes pour les rééquilibrer car personne n’est infaillible et il peut arriver qu’on fasse des écarts.

 

J’espère que cet article t’a apporté un peu de clarté sur le denier et aussi sur le rapport à l’argent. Si après sa lecture tu te demandes comment t’organiser pour consacrer un budget aux dons, alors j’aurais rempli ma mission. Et si, en plus de cela, tu as des idées pour t’organiser financièrement à mieux gérer tes ressources, j’aurais fait d’une pierre deux coups. Merci de m’avoir lu et je te dis à très bientôt. Sois-béni !