Solennité de Saint Joseph

Homélie du 19 mars 2018

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  • C’est toujours un heureux moment, de nous rassembler en l’honneur de St Joseph dans cette Basilique qui lui est dédiée. Nous reconnaissons en lui le juste qui a accepté de se laisser modeler par le projet de Dieu, nous honorons le chef de la Sainte Famille et l’éducateur du Seigneur Jésus, et nous invoquons celui qui a su aimer au-delà des conventions sociales de son temps. Qu’il nous donne le courage de l’obéissance et l’audace de la fidélité.

 

Homélie

  • « Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. » Cette phrase de la 1ère lecture résume toute la vie et la sainteté de l’époux de la Mère de Dieu. Toute sa vie, parce que sa paternité est élective, et s’enracine dans un choix difficile. Et toute sa sainteté puisque cette phrase est une parole de Dieu lui-même, adressée à David, dont procède précisément la lignée de Joseph, lui que l’ange salue comme étant « Joseph, fils de David ». Il est en quelque sorte inscrit, par avance, dans l’Histoire Sainte, et sa décision, relatée par l’Evangile, donne une dimension unique et exceptionnelle à cette appartenance. Choisi par Dieu, il choisit, sans le savoir encore, d’être le guide de son Fils.
  • La paternité d’origine naturelle elle-même ne va pas de soi, pour un enfant que l’on n’a pas porté  - beaucoup d’hommes en font l’expérience – elle doit être assumée chaque jour, et en particulier dans les difficultés éducatives et les temps de crise. A plus forte raison, lorsque les règles et les convenances en dissuadent, le choix d’être père d’adoption demande du courage et de l’amour. Et Joseph ne semble pas avoir hésité une seconde, parce que c’est Dieu qui le lui demandait. Que l’ange lui ait porté l’annonce dans son rêve et non dans une rencontre le dispensait de répondre oui, mais pas d’hésiter. Or, « quand il se réveilla, il fit ce que l’ange lui avait prescrit », tout de suite et de tout cœur.
  • Son projet humain d’une répudiation secrète de Marie manifestait déjà une certaine générosité, je dirais une élégance, là où il aurait pu faire condamner son épouse. Il y a renoncé, sans hésitation, au profit de la mission confiée par le Seigneur : donner son nom à l’enfant à venir, un nom lourd de sens, d’exigence et d’espérance : JESUS, LE SEIGNEUR SAUVE. Lui donner ce nom, ce n’est pas seulement le privilège paternel qui vaut reconnaissance légale, c’est son programme d’éducation à la foi, et dans la confiance que Dieu tient ce qu’il promet : en cet enfant, le Seigneur sauve. C’est avoir l’instauration d’un respect originel du père envers son Fils, sur lequel Dieu dévoile un projet inouï.
  • « C’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » proclame l’ange. Jean-Baptiste le confirmera plus tard : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».

Comment ne pas se sentir dépassé par la tâche d’éveiller une telle vocation ? Il faut s’en remettre à ce Dieu « qui appelle à l’existence ce qui n’existait pas », selon la parole de St Paul. Il faut « espérer contre toute espérance », c’est ainsi qu’Abraham est devenu le père des croyants, c’est ainsi que Joseph a pu devenir le premier éducateur du Seigneur Jésus. A tous deux s’applique l’ancienne promesse : « Vois quelle descendance tu auras ! »Toi qui acceptes de contribuer au projet de Dieu.

  • Si nous-mêmes avons ressenti, d’une manière ou d’une autre un tel appel, nous savons combien de projets humains il nous demande de résilier. Mais, nous savons aussi la joie et la plénitude d’entrer dans une histoire qui nous dépasse infiniment. C’est une acceptation qui est d’abord accomplissement. Entrons tous aujourd’hui dans la joie de Saint Joseph, dans sa droiture et sa générosité.

 

Père Michel FERRADOU

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