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La puissance de la Parole

Homélie du 4 dimanche du temps ordinaire - P. Charles Bonin

 

Depuis Moïse le peuple attendait un prophète qui serait comme lui médiateur avec Dieu. Un Prophète c’est le porte-parole de Dieu, celui qui transmet sa volonté pour conduire le peuple à travers le désert vers le repos de la terre promise. En ce sens, Jésus est prophète et plus qu’un prophète puisqu’il est lui-même la parole, le Verbe de Dieu. L’exorcisme spectaculaire de l’Evangile nous révèle l’efficacité de cette parole pour nous arracher aux ténèbres du péché et de la mort et nous ouvrir à la vie éternelle. Jésus accomplit ainsi l’espérance d’Israël, il est Dieu-sauveur au milieu de nous : parole libératrice, parole performative, parole d’autorité, parole de sagesse qui nous éclaire, parole créatrice et restauratrice, parole de vie et de consolation, parole d’Amour et de paix toute puissante. Cette parole, nous l’entendons en chaque Eucharistie, à chaque sacrement mais l’avons-nous reçue au fond du cœur pour en recueillir tous ces fruits ?

 

Cet exorcisme, il est pour nous. Qui en effet n’est jamais tenté, c’est-à-dire tourmenté d’esprits mauvais, d’orgueil, de convoitise, d’envie, de colère, d’impureté, de gourmandise, de paresse?... Ces 7 péchés capitaux à la source de tous les vices font une guerre perpétuelle à l’âme désireuse de pureté d’unité et de paix. Cela Dieu nous l’offre par cette parole d’autorité. Alors, comme nous l’avons chanté dans le Ps : Ne fermons pas notre cœur, écoutons la voix du Seigneur. Et que nous dit cette voix : Silence ! Sors de cet homme !

Dieu fait taire en nous la voix de l’esprit mauvais. Dans le sacrement de la réconciliation, par la bouche du prêtre, Dieu nous libère de nos entraves pour nous rendre à notre dignité d’être à l’image de Dieu. Consentons seulement à nous laisser secouer par cette parole de vérité en reconnaissant nos fautes et en y renonçant fermement pour nous relier à Dieu. C’est si simple, si puissant et si beau : osons retrouver avec humilité ce chemin habituel de la miséricorde. Familiarisons-nous avec cette parole de Dieu en fréquentant souvent les saintes écritures. Alors, comme cet homme de l’évangile rendu à lui-même et aux siens nous serons les témoins joyeux de la liberté des enfants de Dieu, médiateurs de cette bonne nouvelle. Prophètes porteurs du Verbe de Dieu au cœur du monde, nous sommes les destinataires de cette parole puissante de l’Amour de Dieu et nous avons tous la responsabilité de lui faire porter du fruit.

 

Mais, parmi vous, il y en a que Dieu a plus spécialement choisi pour être au service de cette parole. A tous ceux qui ne sont pas encore engagés, il dit encore, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur. N’ayez pas peur de vous ouvrir à cette liberté d’aimer. On ne reçoit pas une vocation comme on attrape la Grippe ou la Scarlatine, il n’y a pas à craindre que ça nous tombe dessus comme une fatalité, c’est une invitation joyeuse à aimer plus largement. Dieu ne vient pas vous piéger, il veut vous proposer ce qui est bien dit St Paul. A vous qui sentez le bel attrait de la vie religieuse mais le redoutez demandez vous seulement s’il y a quelque chose au monde qui vaille plus que de vivre pour cette parole ? Avez-vous mieux à faire que de louer le Seigneur, d’intercéder auprès de lui pour vos frères et sœurs comme Moïse, de l’annoncer et de le servir dans ses pauvres? A vous que le Christ en Croix appelle au sacerdoce, avez-vous une plus grande œuvre à accomplir que de le donner au monde en son corps et en son sang en redisant les paroles de la dernière Cène : ceci est mon corps – ceci est mon sang? Avez-vous une parole plus puissante à prononcer que de dire par son autorité : Je te pardonne tous tes péchés au nom du Père et du Fils et de St Esprit ?

 

Chers frères et sœurs, nous sommes tous par notre baptême prêtres et prophètes de cette parole d’autorité, de vie et de vérité. Vivons de cette parole par la lecture de l’Ecriture Sainte, dans la confession comme dans tous les sacrements et dans la réponse généreuse à une vocation particulière. Dans le silence, laissons résonner la voix du Seigneur, ne lui fermons pas notre cœur. Le maître est là, il t’appelle…. Que lui répondras-tu aujourd’hui ?

 

Grandir : une vision pour Isèreanybody?

Homélie du 2ème dimanche du temps ordinaire, 14 janvier 2018

 

Je voudrais vous proposer une manière un peu particulière de méditer la parole du Seigneur ce soir. Conscient que, parmi vous, un certain nombre ne connaissent pas tant que cela Isèreanybody? et la basilique saint Joseph, je voudrais faire entrer en résonnance ce que nous tâchons de vivre ici avec les lectures de ce dimanche. Vous verrez ainsi quelle vision soutien notre élan, étudiants et jeunes-pro, mais aussi vous qui êtes des générations précédentes. Depuis que le Pape François a annoncé un Synode pour les jeunes, nous sommes entrés, en Isère, dans un mouvement qui, à travers ce Synode, va nous conduire un peu plus loin…

 

Ce qui m’a arrêté, en lisant les lectures de ce jour, c’est cette remarque toute simple : « Samuel grandit ». Nous l’avons entendue une seule fois, mais elle est répétée trois fois, en réalité. Un peu plus tôt, on dit : « Samuel grandissait auprès du Seigneur » ; ou encore : « le jeune Samuel continuait de croître en taille et en grâce tant auprès du Seigneur qu’auprès des hommes ». Cette remarque rejoint les plus jeunes d’entre nous : adolescents, étudiants et jeunes-pros, jeunes couples… Tous, vous êtes appelé à grandir. Mais comment ? Là encore, Samuel est un bon exemple, tout comme les disciples de Jean-Baptiste : les uns comme les autres sont à l’écoute ; on peut même dire que leur écoute est dynamique, car ils se mettent vite en route, auprès d’Eli ou de Jésus. Cette attitude d’écoute, de recherche, de questionnement, d’échange est au cœur de ce que nous voulons vivre avec les jeunes en Isère. En écho à l’annonce du Synode convoqué par le Pape François sur les jeunes, notre évêque a lancé la démarche Ephata! : jusqu’en octobre prochain, il s’agit d’aider les jeunes à répondre à la question posée par Jésus : « Que cherchez-vous ? » Pour qu’il y ait croissance, il faut qu’il y ait désir de se questionner, de se dépasser.

 

Après avoir suivi Jésus, après qu’ils aient demeuré avec lui, les premiers disciples vont en appeler d’autres. Le jeune Samuel, devenu prophète, va lui aussi être envoyé au-devant du peuple. « Nous avons trouvé le Messie », dit André à son frère Simon. Isèreanybody? est une communauté où un certain nombre de personnes, elles aussi, ont rencontré le Seigneur. Des jeunes pour qui se fut une redécouverte, un approfondissement ; d’autres pour qui se fut une nouveauté. Pour certains, je pense aux jeunes du grain de sel, ce fut un chemin de lumière pour sortir des galères de la vie. Je voudrais que nous fêtions cela, que nous rendions grâce. C’est pour cela que j’ai proposé à l’une d’entre nous de constituer une équipe chargée d’organiser l’année des 10 ans d’Isèreanybody? Cette année prendra la suite d’Ephata! : d’octobre 2018 à l’été 2019, plusieurs événements nous inviteront à rendre grâce pour tous les dons reçus, à faire mémoire, à renouveler certaines choses… L’enjeu est simple : se donner les moyens d’aller toujours plus au large, à la rencontre d’autres jeunes qui, eux aussi, doivent pouvoir entendre cette parole qui libère : « Nous avons trouvé le Messie ! »

 

Mais l’aventure avec le Seigneur nous emmène plus loin encore. Le chemin de croissance, de Samuel ou des disciples, est plus stimulant encore. Voyez ce que Jésus dit à Simon : « Jésus posa son regard sur lui et dit : “tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas”, ce qui veut dire Pierre ». Dans notre écoute du Seigneur, nous sommes appelés à aller jusqu’à cette rencontre intime et transformante du Christ. Depuis que je suis à Saint Joseph, ici, je suis interpelé par ce lieu : une basilique qui, pour l’essentiel, est fermée. Un lieu où le nom de Saint Joseph peut n’être qu’un titre. Dans la suite d’Ephata! et de l’année des 10 ans, j’ai donc proposé que nous vivions une troisième démarche, après l’été 2019. Son but est de faire de ce lieu un vrai sanctuaire, où la figure de saint Joseph, patron des travailleurs, ait une vraie place. J’aimerais que ce lieu soit ouvert ; qu’il soit signe d’une communauté, d’une Église vraiment ouverte et engagée dans la rencontre avec les jeunes et les moins jeunes, particulièrement les plus fragiles. Jésus a donné un autre nom à Simon : ce n’est pas pour le folklore, mais parce qu’il va lui confier une mission. Je crois que vous, les jeunes d’Isèreanybody?, à Grenoble comme ailleurs dans le diocèse, vous avez reçu une mission de notre évêque : développer, déployer une pastorale ajustée à ce qu’est notre monde, dans cet espace de saint Joseph.

 

« Samuel grandit » ; nous aussi ; vous aussi. Nous sommes tous appelés à grandir, parce que nous sommes appelés à sortir, à rejoindre ceux qui sont privés de lumière et qui attendent que des personnes viennent les rencontrer : « nous avons trouvé le Messie ! » Une année pour écouter ; une année pour célébrer ; une année pour se transformer : voilà ce que je vous propose de vivre, avec les jeunes de l’équipe pastorale d’Isèreanybody?, avec tous ceux qui sont investis depuis plus ou moins longtemps dans cette pastorale voulue par Mgr de Kerimel. Confions d’un seul cœur cette perspective au Seigneur : que nous soyons toujours plus attentifs à accueillir sa volonté pour chacun de nous, pour notre communauté, notre Église.

Amen.

 

P. Emmanuel Decaux

Messe d’action de grâce pour les 5 ans à St-Joseph et à la pastorale des jeunes

 

Nous célébrons Dieu Trinité : un seul Dieu en 3 personnes. Père, Fils et Saint Esprit. Comprendre notre Dieu c’est mieux en vivre, mieux vivre de lui.

 

Il n’est pas toujours facile de le comprendre avec notre intelligence humaine. Car il est Dieu. Mais Jésus, Dieu, Fils de Dieu se révèle à nous et grâce à lui nous pouvons découvrir le Père ainsi que l’Esprit Saint. Jésus est la  révélation qui nous permet de comprendre Dieu, de comprendre qui il est : tout amour, miséricordieux ; donc le choisir, le préférer et le servir !

 

Je vous fais part de 2 images qui permettent de mieux comprendre Dieu.

  • famille Dieu composée de 3 personnes unies, en communion, débordant d’amour.
    => c’est en accueillant l’amour de Dieu que je peux vivre de son amour et vivre de sa vie. Et Dieu nous donne ce qu’il a de meilleur : son propre fils Jésus (cf. l’Evangile) pour que nous soyons meilleur. Meilleur pour devenir experts en charité, experts en attachement à Dieu, expert en imitation de Jésus. C’est rentrer dans la vie de Dieu, dans la famille Dieu. participer à la vie de Dieu qui est simplement recevoir la vie éternelle.
     
  • point d’assurance : dans une voie d’escalade lorsque l’on arrive au relais (car c’est la fin de la voie ou un point intermédiaire dans une grande voie) on est heureux car on peut s’assurer et faire monter le second. Ce point relais est constitué de 3 éléments : 2 encrages et un lien entre ces 2 (souvent une chaine avec un anneau permettant de répartir les contraintes). C’est 3 éléments du relais sont indispensable pour bien s’assurer et continuer la progression.
    => c’est en comptant sur le relais (composé de ces 3 éléments) que je peux progresser en sécurité. = C’est en m’appuyant sur Dieu Trinité que je peux avancer dans ma vie parce qu’il me soutien.

Essayons de comprendre un peu plus Dieu ca il nous aide à vivre. Pas bien facile de l’expliquer à notre tour. Et il y a aussi cet autre aspect qui est que vivre de Dieu m’aide à comprendre qui il est, et me permet de dire au monde qui est Dieu.

 

Ces 5 années à St Jo, à la pastorale des jeunes du diocèse, c’est une action de grâce tournée vers Dieu et vers vous parce que nous avons cheminé ensemble à la suite de Dieu.

 

Ce qui m’a marqué :

 

  1. La Préférence (ou la confiance). Moise se leva de bon matin et gravit la montagne de Dieu (cf. 1ère lecture). parce que j’ai pu être témoin au milieu de vous de certains qui choisissent de mettre Dieu en premier dans leur vie / dans leur journée et cela transforme leur vie. Cela passe par de vrais choix concrets, peut être des sacrifices par moment. Parce que vous choisissez de mettre Dieu en priorité dans votre vie, vous dites quelque chose de Dieu au monde : on peut s’appuyer sur lui et il comble un cœur, une vie.
     
  2. En reprenant l’image de La Famille : le propre d’une famille c’est que l’on ne choisit à la base ni ses parents, ni ses frères et sœurs (ni ses enfants !). Dieu nous a mis ensemble pour faire parti de sa famille en nous donnant l’occasion de nous choisir les uns les autres car nous sommes des cadeaux de Dieu les uns pour les autres (pour moi ca a commencé avec mes confrères, mes collègues, et vous tous). Et cela je l’ai vu concrètement par les soutiens échangés lorsque certains sont dans la souffrance, la peine et la galère ; joie échangée pour les belles étapes de vie, les succès remportés sur l’égoïsme, la découverte et l’accueil du Dieu tout amour…, la vie de Dieu vivante et vécu ensemble. (cf. 2ème lecture)
     
  3. Risque à prendre. Le premier avoir pris un risque c’est Dieu lui même je pense. Il nous a donné ce qu’il y a de plus précieux : son fils unique (nous dit St Jean dans l’Evangile). Dans cette même dynamique j’ai été témoin parmi vous des risques pris pour suivre Dieu. risques pris en abandonnant des choses ? je ne crois pas mais je l’ai vu plutôt, comme une offrande à Dieu de ce que l’on a de meilleur / précieux pour être tout à lui, pour être pour lui (à son service). Ce que l’on a de précieux c’est peut être notre énergie, notre être, notre jeunesse, notre humilité. Et ca s’est concrétisé à différentes occasions en vocation au mariage, (et plus secrètement au sacerdoce et vie consacrée).
     
  4. le voyage. Dieu aime voyager et il nous associe à son voyage. Voyez (dans la 1ère lecture) il descend rejoindre Moise là où il se trouve dans le désert à une situation un peu délicate (le peuple s’est détourné de Dieu, a renié Dieu).  Il descend nous rejoindre, qqsoit notre situation de péché, d’infidélité, de lâcheté, d’imperfection et il ne cesse de nous proposer un nouveau chemin / voyage de vie. Cela passe par des pardons bien sûr en accueillant la miséricorde de Dieu. pardons à donner à cause du mal que l’on a pu faire, que j’ai pu faire et pardons que je n’ai pas toujours su bien donner. Mais Dieu nous fait voyager avec lui pour nous faire gouter la vie avec lui en nous envoyant en mission là où nous nous trouvons, là où il nous envoie !

 

Ces différents points je les ai vécu aussi. En tant que frère en Christ avec vous, en tant que prêtre pour vous.

 

Peut être vous dire aussi que je n’ai jamais regretté d’être généreux avec Dieu. car il ne prend rien mais il donne tout.

 

Et pour terminer avec cette image du voyage avec Dieu : la compagnie aérienne « prêtre de Jésus Christ » est une magnifique compagnie qui fait voir du beau pays c’est à dire qui permet d’être les témoins privilégiés des merveilles qu’accomplit Dieu dans les cœurs. Il reste des places dans l’avion !

 

Merci pour ce que vous m’avez témoigné, merci pour ce que vous témoigner au monde par votre attachement à Dieu. et peut être la meilleur explication de l’amour de Dieu Trinité, c’est vous !, c’est nous ! et donc merci à Dieu !

 

 

Père Jean-Christophe Bertrand
Homélie du dimanche 11 juin 2017
Messe de la Trinité, année A

        Le verset qui précède notre passage de l’Evangile de ce soir est le suivant : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (v.21) qui est une invitation à une prise de conscience pour ajuster notre comportement. Ensuite Jésus illustre cela par l’exemple de l’argent. Le sujet que nous catholiques français nous n’aimons pas beaucoup aborder. Mais ce n’est pas grave. L’enseignement de Jésus n’est pas pour nous plaire ou nous flatter mais pour nous faire progresser vers son Père.

Alors il est question d’argent…

 

Et Jésus vient de nous dire :

 « Nul ne peut servir deux maîtres :
ou bien il haïra l’un et aimera l’autre,
ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. »

 

        Jésus ne nous dit pas qu’il faut se débarrasser de l’argent mais il nous invite à le mettre à sa juste place, avoir une juste relation avec l’argent ou les biens matériels (ou en élargissant encore à nos activités diverses).

En effet. L’argent ne peut pas nous donner la vie. Mais nous pouvons donner vie à l’argent ou aux biens en les exploitant. Nous sommes invités à posséder l’argent pour les utiliser à bon escient mais non à se faire posséder par l’argent.

Cela veut dire que selon l’utilisation que je fais de mes possessions, elles peuvent se transformer en malédiction ou bénédiction.

Nous en avons un bel exemple avec la parabole de Lazare et de l’homme riche que le pape commente dans son message de carême. Voici un extrait :

 

        Selon l’apôtre Paul, «la racine de tous les maux c’est l’amour de l’argent» (1 Tm 6,10). Il est la cause principale de la corruption et la source de jalousies, litiges et soupçons. L’argent peut réussir à nous dominer et devenir ainsi une idole tyrannique (cf. Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 55). Au lieu d’être un instrument à notre service pour réaliser le bien et exercer la solidarité envers les autres, l’argent peut nous rendre esclaves, ainsi que le monde entier, d’une logique égoïste qui ne laisse aucune place à l’amour et fait obstacle à la paix.

 

        Il est question d’amour et de paix. Identifier les obstacles dont l’argent peut faire parti, permet de réajuster notre attitude.

Pourquoi Jésus nous rappelle cela ? cela était déjà mentionner dans les 10 commandements (Dt6,4-5 Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.) ? car on a tendance à oublier rapidement. On se noie dans nos  petites épreuves quotidiennes, on se fait séduire par de faux dieux ou des idoles qui nous éloignent du vrai Dieu, les soucis nous font oublier. Même un préoccupation excessive de soi-même peut être un obstacle (est ce que je plais aux autres, comment est ce que je parais aux yeux des autres…) . C’est ce que relève en quelque sorte St Paul dans la 2ème lecture : « Pour ma part, je me soucie fort peu d’être soumis à votre jugement, ou à celui d’une autorité humaine ».

Notre préoccupation première c’est Dieu !

Nous avons un Dieu qui nous aime car nous a créé et qui nous accompagne dans notre quotidien. La 1ère lecture nous fait entendre cette déclaration d’amour de Dieu envers l’homme. Nous avons un magnifique exemple dans l’Ancien Testament des 40 ans d’errance du peuple hébreux dans le désert accompagné jours et nuits par Dieu afin de les délivrer de l’esclavage des Egyptiens.

 

        Dieu nous invite à vivre cette réciprocité de l’amour : l’aimer en retour. C’est mettre notre confiance en lui. C’est ce que veut dire ces derniers versets « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice »

 

        Se détacher de la nourriture : c’est à dire ce qui est nécessaire pour vivre, nos besoins vitaux ; et se détacher du vêtement qui représente nos bonnes œuvres (Ap19,8) nécessaires pour exprimer ce que nous sommes. Ce n’est donc pas une invitation à ne rien faire ou à se laisser mourir mais une invitation à se soucier, avoir soif de Dieu, à agir en étant enracinés en Dieu.

 

        Alors chercher le Royaume de Dieu et sa justice c’est une sorte de garantie pour ne pas faire fausse route ou pour ordonner les priorités de nos vies ou pour vivre en enfant de liberté. Chercher le royaume de Dieu c’est chercher à faire la volonté de Dieu au quotidien. Chercher sa justice c’est être ajusté à Dieu.

Comment lui manifester notre confiance en lui ? peut être en utilisant son langage comme nous le dit le Ps 37 : « mets ta joie dans le Seigneur, il t’accordera plus que les désirs de ton cœur »

 

Alors

- Comment dans mon quotidien je manifeste cette marque d’amour de la présence de Dieu en moi ? Comment est-ce que ma réponse à Dieu transparait dans ma vie ?

- Quel est le « plus » en moi  qui fait comprendre au monde que je vis un chemin de bonheur (malgré les difficultés que je peux rencontrer) à la suite de Dieu ?

 

 

            Quelqu’un me disait, récemment, qu’à cause de son manque de connaissance biblique, les lectures de la messe lui étaient pénibles. On le comprend assez bien pour l’Ancien Testament ; mais cela vaut aussi pour le Nouveau. Avec le risque de transformer l’Évangile en recueil de bons sentiments, et la crèche en pouponnière ! La grande crèche qui se dresse dans notre basilique, ce soir, dit précisément autre chose…

 

            Quand saint Matthieu raconte la « genèse de Jésus Christ », il s’adresse à des lecteurs qui connaissent les Écritures. Les premiers mots résonnent dans leur mémoire, comme les premières notes de musique font effet sur une piste de danse. Derrière la parenté de Jésus, telle que l’évangéliste la rapporte, on peut voir la parenté d’Isaac. Abraham, dans le livre de la Genèse, n’a pas d’enfant de sa femme, Sarah, alors qu’une grande promesse lui est faite : une descendance nombreuse. Comme pour Isaac, la venue de Jésus sera le signe d’une volonté manifeste de Dieu en faveur de son peuple. Cette attention de Dieu va pourtant être mise à l’épreuve : comme Isaac, Jésus sera conduit au sacrifice de sa vie, l’accomplissant pleinement. En englobant L’AUTEL et, à l’arrière-plan, la croix, notre crèche signifie cette continuité : le don de Dieu est toujours mis à l’épreuve de notre confiance, de notre patience.

 

 

            Saint Matthieu, du reste, ne s’en tient pas à suggérer cette continuité entre Isaac et Jésus. Il reprend également Isaïe pour appliquer sa prophétie à l’enfant de Bethléem. Le prophète se tournait alors vers le roi Acaz dont le royaume, Juda, était assiégé par des ennemis ; or, au lieu de s’en remettre à Dieu, le roi avait fait appel à une puissance étrangère, dont il deviendra l’esclave. En attribuant à Jésus la parole d’Isaïe, Matthieu indique que l’enfant de la crèche est signe de la supériorité de Dieu par rapport à toute autre puissance. Si L’AMBON, le lieu de la Parole, est également situé dans cette grande crèche, c’est pour signifier la valeur fondamentale de la Parole de Dieu pour notre vie. Noël n’est pas l’histoire sympathique de la naissance du petit Jésus… C’est l’invitation à nous faire petits pour accueillir la seule puissance qui peut nous libérer en profondeur des oppositions qui nous entravent.

 

 

            Que célébrons-nous donc dans quelques jours ? Une seule chose : la venue, le don de Dieu dans l’histoire, dans notre histoire. Dans l’enfant de la crèche, Dieu se donne pour nous engager sur un chemin de vie, de lumière. Sur ce chemin, comme dans notre grande crèche, les difficultés, les renoncements ne sont pas absents. D’où la présence de l’autel : pas à pas, nous apprenons à nous libérer de ce qui nous empêche d’être vraiment disponibles pour la Parole de Dieu ; d’où, également, la présence de l’ambon sous cette crèche. Célébrant ainsi Noël, nous assumerons plus librement notre rôle dans le monde : celui du service, auquel Saint Paul fait allusion quand il écrit aux Romains : « vous êtes appelés à être saint ». Pour cette raison, nous avons également placé sous la crèche LE SIEGE de la présidence : il est l’image du service que tout chrétien est appelé à rendre dans le monde.

 

            Le manque de familiarité avec l’Écriture peut effectivement rendre les lectures de la messe rébarbatives. Mais, si le son est dur à capter, retenons au moins l’image : près de la crèche, signe du don de Dieu, se dresse l’autel. Il indique que nous aurons toujours à nous laisser libérer de nos peurs, de nos enfermements, pour que la Parole, valorisée par l’ambon, soit notre véritable appui. Alors nous pourrons apporter le service particulier que nous pouvons rendre : témoigner de l’espérance et de la vraie joie de Noël !

Amen.

4ème dimanche de l’Avent
P. Emmanuel Decaux