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17ème dimanche du temps ordinaire, année C.

Lectures : Évangile selon saint Luc 11, 1-13. Livre de la Genèse 18, 20-32. Psaume 137. Lettre de saint Paul aux Colossiens 2, 12-14.

Ce dimanche, pour la première fois depuis la création de la messe du dimanche soir à St Jo, le père Loïc n'était pas là. La messe était présidé par le père Patrick Gaso, curé à Villard de Lans.

L'homélie a été enregistrée et peux être écoutée ou téléchargée ici.

Par ailleurs, vous pourrez trouver d'autres homélies du père Gaso sur le site http://www.homelies.net.

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Nous avons pris un temps de prière juste avant le début de cette eucharistie, et je souhaite vous livrer un tout petit truc très simple mais efficace : avant toute prière, nous sommes invités à redemander pour chacun de nous, la force de l’Esprit Saint ; Vous avez sans doute entendu la finale de l’évangile : “… combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ?“ Nous allons en faire l’expérience maintenant et demander ensemble à être renouvelés dans l’Esprit, Esprit de notre baptême, de notre confirmation :

"Jésus, Toi qui as promis 

D’envoyer l’Esprit à ceux qui te prient,

Ô Dieu, pour porter au monde ton feu,

Voici l’offrande de nos vies.“

Seigneur, apprends-nous à prier !

Donne-nous d’invoquer sans cesse ton Esprit,

Esprit Saint, Esprit d’Amour,

Afin que nous puissions redire ensemble cette prière centrale de notre vie chrétienne,

quand nous dirons tout à l’heure : “Père !“

C’est seulement emplis de l’Esprit Saint que nous pouvons réaliser cette prière, unis au Christ ! Dire cette prière du Notre Père ne semble pas si évident aujourd’hui ! Nous sommes tous, plus ou moins consciemment, influencés par notre temps, par notre monde :

  • Comment dire “Père“ aujourd’hui alors que la parentalité est souvent maltraitée ?
  • Comment dire “Père“ aujourd’hui quand il y a même un déni du père ?
  • Comment dire “Père“ quand nous voyons nos familles si bousculées, bouleversées,
  • Lorsque nous entendons ces innombrables critiques du monde moderne sur la prière ?
  • Combien de démissions !!!
  • Comment réagir devant ces personnes qui pensent que c’est une perte de temps… du “bourrage de crâne“…

Il y a peu de temps, je me trouvais avec une famille dont une des filles est en train de se décider à choisir une vie religieuse. Ses parents semblaient horrifiés et se demandaient ce qu’elle allait pouvoir faire : “ Comment ! Prier tout le temps… Cela sert-il à quelque chose ? “
Ô combien la prière est nécessaire aujourd’hui ! Combien toute vocation est belle !

Alors, simplement, un peu comme en méditation, je vous invite à entrer, par Jésus, dans cette prière, telle que nous la rapporte saint Luc :
Jésus commence par “Père“. Jésus a osé renouveler complètement ce mot en appelant Dieu “Abba : papa !“ Une folie ! Comment dire à Dieu qu’il est un père ? Cela il nous faut le découvrir ! Mais Jésus nous apprend ce mot merveilleux de “papa“, et lorsque nous reprenons la prière de Jésus, nous osons, à notre tour, penser que nous sommes aimés de l’amour même dont le Père aime son fils unique : “Père !“
Nous poursuivons avec Jésus : “… que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. “ Là aussi, je vous donne un petit truc : avant de dire à Dieu nos propres besoins, nous avons d’abord à prier aux intentions du Père (remarquez que je fais moi aussi comme chacun et quand je prie, je dis souvent au Seigneur ce dont j’ai besoin… ce qu’il pourrait faire pour m’aider … et pourquoi pas entrer dans mes propres conceptions ou dans mon idée parce que mon idée est bonne… Vous savez bien que, de temps en temps, nous aimerions que Dieu fasse ce que nous souhaitons nous-mêmes, en quelque sorte, nous le mettons dans notre poche…) Nous avons d’abord à tout Lui remettre, à tout Lui donner ! Quelles sont les intentions du Père ? C’est que son nom soit manifesté, que son règne vienne, que Dieu qui n’est qu’amour montre à quel point il est Père, qu’Il veut que s’étende son amour sur toute la terre, aux hommes et aux femmes de tout temps !
Que nos mots sont pauvres et faibles pour exprimer cela ! Comment décrire l’amour, comment dire l’amour de ceux qui s’aiment, comment dire l’amour d’un homme, d’une femme pour Dieu ? Il n’existe pas de mesure, pas de système qui permettrait de dire : “Je t’aime pour dix kilos ou pour dix tonnes, ou si je me trouve à 2,5 ou à 9,5 sur l’échelle ouverte de Richter.“
L’amour ne se mesure pas !

Nos mots qui disent l’amour restent toujours en deçà !

Le Père : nous ne le connaissons pas ou si peu, et nous lui demandons de nous faire entrer dans ses projets, de pénétrer dans son intimité pour en être transformés, bouleversés ! La prière est ainsi le moyen de devenir conformes à ce que le Père attend de nous.

 
Ayant ainsi formulés le désir de connaître le Père, nous lui demandons ensuite, et seulement à ce moment-là, les moyens de réaliser ce désir. Il y a comme une chronologie dans la prière !
C’est alors que nous disons : “Donne-nous le pain…“ ce pain dont nous avons besoin pour chaque jour, “Pardonne-nous…“ car nous-mêmes nous devons apprendre à pardonner et vivre ce pardon concrètement ! Là, il commence à y avoir un petit hiatus…
C’est seulement du Père que nous pouvons recevoir le pain, que nous pouvons recevoir le pardon, que nous pouvons recevoir la liberté face au Mal.
« Donne-nous au jour le jour, le pain dont nous avons besoin pour aujourd’hui, pour ce soir, pour tenir maintenant, dans le temps qui est le nôtre, dans cette journée, dans notre mission, dans notre situation familiale, célibataire ou marié, que nous réfléchissions à une vocation ou non, que nous soyons tristes ou que nous vivions dans la joie ! Maintenant Seigneur, j’ai besoin de Toi, j’ai besoin de ce pain ! »
“Nous“ : dans ce “nous“ que nous prononçons, sont présents aussi tous ceux qui manquent de pain, tous ceux qui ont faim, tous ceux qui ont soif ! Si nous regardons, si nous avons l’audace, le courage d’observer notre monde, notre terre, nous nous apercevons que notre monde a faim, et cette faim se conjugue de toutes les façons : faim de nourriture mais faim aussi de sens de notre vie :

  • Que faisons-nous sur terre ?
  • Quelle est notre destination, vers quoi et où allons-nous ?
  • Sommes-nous là simplement “de passage“ ou croyons-nous que nous sommes faits pour la Vie éternelle et que le temps qui nous est donné, ce temps béni, ce temps sur terre, nous n’avons pas à le consumer en faisant n’importe quoi, mais en nous donnant, en aimant, en faisant le bien autant que nous le pouvons ?

« Et puis Seigneur, donne-nous le pardon indispensable, du fond du cœur, à ceux qui nous ont fait tort, à ceux qui nous ont fait mal, à ceux qui nous ont peut-être même détruits… » Nous savons bien que seul Dieu peut réaliser cela en nous ! Peut-être qu’en nous laissant pardonner, Comme je vous le disais tout à l’heure, j’arrive de Paray Le Monial où il y a une grâce particulière de pardon. Ce n’est pas le seul lieu évidemment et dans quelques jours, nous serons, avec l’Hospitalité, le diocèse et monseigneur Guy de Kérimel à Lourdes, autre lieu où le sacrement du pardon, de la réconciliation est offert à qui le veut. Combien de fois est-ce nous-mêmes, en nous-mêmes que nous avons besoin d’être réconciliés… aimés… tendrement…
Bien souvent, nous restons dans la démission, ou parfois même dans une pratique magique et nous croyons que nous pouvons converser librement entre le ciel et moi ! Pourtant, j’ai besoin d’entendre dire : “Je te pardonne.“

Là est aussi notre vie chrétienne, un immense engagement et bien au contraire une exigence presque surhumaine pour entrer dans ce pardon : c’est là que nous avons besoin de Dieu !
Et puis : “Ne nous soumets pas à la tentation !“
« Oui ! Seigneur, délivre-nous enfin de la grande tentation qui est d’abandonner… et en premier lieu Jésus ! » Tentation d’abandonner le Christ et croire que, tout seul, je vais me sauver. Il me faut reconnaître que c’est Lui qui a les paroles de la Vie éternelle !
C’est bien chaque jour qu’il faut me battre, faire le choix du Bien, renoncer au Mal pour conquérir ma liberté et oser un acte libre en choisissant le Christ !

Chaque fois que nous prononçons cette prière du Notre Père, tout cela se met en marche progressivement en notre cœur, en notre intelligence, en notre corps, dans notre affectivité ! C’est pourquoi sans cesse, il faut redemander la force de l’Esprit Saint, accepter de se laisser façonner par ces mots ; Alors, notre prière sera de plus en plus vivante, de plus en plus vraie, de plus en plus juste !
Il peut arriver que nous n’ayons pas forcément une parole facile pour témoigner du Christ, mais nous la vivrons davantage en nous, et c’est cela qui portera témoignage !!!

 “… combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ?“
Sans cesse, avant chaque prière, chaque jour, redemandons la force de l’Esprit Saint !

"Jésus, Toi qui as promis 

D’envoyer l’Esprit à ceux qui te prient,

Ô Dieu, pour porter au monde ton feu,

Voici l’offrande de nos vies.“


AINSI SOIT-IL !

Prédicateur :
Père Patrick Gaso