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2ème dimanche de carême A St Jo 2011

 la carotte de la transfiguration

 

Ce dimanche, Dieu nous montre la carotte pour nous motiver.

Cet évangile de lumière au début du carême, cette transfiguration avant la montée et la passion à Jérusalem sont comme des avant-goûts.

Des apetizers,, des aperos, des 'before' pour motiver pour aller jusqu'au terme.

 

Car parfois se lancer, c'est compliqué: on a peur de l'inconnu, quand bien même ce serait Dieu lui-même qui vous dirait de tout quitter. N'est-ce pas?

Sinon pourquoi on nous donnerait la foi d'Abraham en exemple?

Abraham , lui, est parti, a changé de voie pour aller dans un pays qu'il ne connaissait pas, en faisant confiance en la seule indication de Dieu; Mais combien de temps ça lui a pris pour dire oui? Et pour partir?

Comme ils sont étonnants les méandres de nos vies dans lesquels Dieu vient nous chercher et rechercher pour qu'on se décide - et qu'on parte , résolument.

peut-être cela aide-t-il à comprendre ce qui préside aux appels de Dieu: une bonne traduction de l'hébreux serait: « va vers toi (-même) » ; cad: en obéissant à Dieu, c'est aussi soi-même que l'on trouve.

 

Peut-être que c'est ça la transfiguration: aller vers soi-même; non pas tant comme une quête égo-centrée de soi teintée de développement personnel, mais la transfiguration tout à la fois comme un cri, un appel, une angoisse, une urgence et pour finir, une surprise.

Oui, ce soir, on crève -d’envie- d’être transfiguré.

Vous trouvez pas vous que la vie c'est ça: découvrir ce qui nous transfigure, qui nous transfigure? Et vous, Et vous, c'est comment? c'est quoi vous la façon d'aimer qui vous transfigure? Ou qui vous transfigurera...

 

La maturité et la sagesse ce serait peut-être d'accepter que c'est réservé à Jésus; car le péché originel, c'est de vouloir être comme Dieu...

C'est là que parfois le christianisme est un peu subtil: oui c'est vrai, le péché c'est de se prendre pour Dieu; mais le salut, c'est de découvrir que Jésus nous ouvre un chemin, pour le devenir, Dieu....

 

Alors, cette fête de la transfiguration du Christ, est prophétie, icône et apocalypse de la mienne. Le miracle de l’évangile dans ma vie ce soir, c’est que en contemplant la transfiguration de Jésus, je médite sur le mystère de ma propre transfiguration désirée et non réalisée; je médite sur qui je suis, qui je suis appelé à être, à devenir.

Oui, j'ose croire que Jésus est le 1er né, et j'essaye de prendre au sérieux que je suis con-figuré, moulé sur Lui par mon baptême: un jour je vivrai ça comme lui. Car Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu (st Irénée de Lyon).

 

Alors ce soir, que cette carotte nous donne l'audace de nous lancer: dans le carême, dans la préparation de pâques, dans la conversion, dans l'audace de croire et d'aimer le Christ, dans le service: même si ça coûte un peu;

Oui la croix se profile à l'horizon, et du coup, la carotte nous fait presque oublier le baton de la croix: l'avant-goût n'est pas l'accomplissement;

l'avant-goût c'est pas la grande aventure; il faut y aller, comme Abraham, pour la vivre.

Sentez-vous en vos coeurs, que c'est ça la véritable aventure de la vie?

 

Tous les ans, à ce grand moment de pâques, et tous les dimanches à l’eucharistie, je bénis notre Dieu de nous dire en quelque sorte :

 

« non, ton désir ne te trompe pas, je t’ai voulu à mon image, continue, cours vers moi à la suite de mon fils ; mon esprit te guide ; oui je t’appelle à vivre la transfiguration de ta vie ; tu ne sais pas par où ça passe, ni où ça te mène vraiment, mais fais juste confiance que je te donnerai de vivre ça, par ce que tu es fais pour ça. »

 

Amen.

 

Prédicateur :
Père Loïc Lagadec